Grandpodf’
N’écoutant que mon courage face à ce phénomène surnaturel, je m’approche et dis :
- Bonjour, qui êtes-vous ?
- Ne t’approche pas plus, pauvre mortel, sinon tu subiras mon courroux !
- Mais j’ai besoin de passer pour aller au parc.
- Qu’est-ce que j’ai dit à la page précédente ? Vous ne passerez pas ! Vous - ne - passerez - pas ! Je parle chinois ?
Je m’éloigne du pot de fleur qui parle. Il a l’air un peu mal luné. Peut-être qu’en le caressant dans le sens du poil...
- Oh Pot de Fleur qui parle, que vous êtes joli, que vous me semblez beau, je vous prie de m’excuser de vous avoir dérangé.
- C’est ça casse-toi !
Bon, ok. Je tourne les talons et commence à m’éloigner.
Je me retourne très lentement.
- C’est vrai que tu me trouves joli et que je te semble beau ?
Je souris. Ce cher La Fontaine, ça marche à tous les coups.
- Mais oui mon cher ami, mens-je. Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phénix des pots de fleurs du coin.
Il me semble que le pot rougit légèrement.
- Tu veux passer pour quoi faire ? Demande-t-il.
- Je marche vers là où atterrit l’arc-en-ciel. On dit qu’un fabuleux trésor s’y trouve...
Le pot semble me regarder pensivement.
- Je viens avec toi, dit-il. Tu auras besoin de mon aide. Je connais le pot d’or, c’est un cousin.
- Super, mens-je encore car j’étais plutôt parti pour y aller en solo.
- Mais à une condition.
Dans les rencontres aléatoires, il y a toujours une condition.
- Pose ta condition, Pot de Fleur Qui... Comment vous appelez vous au fait ?
- Je m’appelle Grandpodf’. Je te laisse passer à condition que tu n’aies d’yeux que pour moi et que tu ne regardes aucun autre pot.
- Ça marche, dis-je.
Et Grandpodf se lève sur des petites jambes que je n’avais pas soupçonné jusqu’ici, me libère la voie, et se met à trotter derrière moi.
Que faites-vous ?