Je me contente de marcher tout droit et je passe à côté du pot de fleurs. Les cris vont crescendo au fur et à mesure que je m’approche, puis decrescendo au fur et à mesure que je m’éloigne. Le pot de fleurs n’a pas bougé d’un pouce et ne m’a barré la route d’aucune manière.
Il est à présent loin derrière moi tandis que je poursuis mon chemin dans le parc. Quant à savoir si son injonction relevait de la mise en garde bienveillante, ou de la menace amère d’un être sans autre puissance que la parole, rien pour l’instant ne me permet de trancher. Inoffensif c’est ce qu’il m’a semblé, mais il n’est pas exclu que, dans l’ombre d’un feuillage, quelque massif végétal ourdisse à mon encontre une punition funeste.
Mais à y réfléchir, on ne peut pas exclure que j’ai entendu des voix qui n’existent que dans ma tête. Quelques nuits blanches avec bébé peuvent produire cet effet : tel corbeau se met à vous regarder d’un œil torve, tel tronc d’arbre semble vous chuchoter des secrets. Donc pourquoi pas un pot qui parle. Ce n’est sans doute que mon imagination.
D’ailleurs, cet arc-en-ciel, est-ce bien raisonnable d’y aller ? Ne devrais-je pas plutôt devenir un Super Humain en m’accomplissant par le travail, comme tout le monde ? Enfermé dans mes pensées, je ne me suis pas aperçu que mes pas m’ont mené hors du parc et dans le centre de Ferney. Là se trouve certainement mon travail...
Inspiré d’une contribution de Grimmelda.
Fin ?
L'histoire n'est pas obligée de s'arrêter là. On pourrait la poursuivre, par exemple, en faisant ce qui suit. (si vous me laissez votre mail, vous serez prévenue lorsque votre idée sera ajoutée)